WWOOF à Obihiro, des nouilles bio et du désherbage

Pour mon quatrième et dernier WWOOF à Hokkaido j’ai suivi la recommandation d’une amie avec qui j’ai WWOOFé pendant mon premier mois et j’ai rejoint les WWOOFers de Yui, un petit restaurant de nouilles couplé à un magasin de produits bio pour lesquels le propriétaire cultive lui même des légumes bio sur deux terrains qu’on lui prête gracieusement.
M. Honma, le patron, est un personnage très intéressant qui correspond vraiment à la philosophie derrière WWOOF. Originaire d’Obihiro mais ayant étudié l’économie et travaillé à Tokyo pendant ses jeunes années, il a décidé de revenir dans sa ville natale pour ouvrir son petit business. Mais son but n’est pas de se remplir les poches, c’est de pouvoir vivre, et faire vivre sa communauté, avec très peu d’argent. Quasiment tous ses fournisseurs sont des producteurs locaux, quand les produits qu’il vend ne sont pas directement issus de ses propres cultures. Ses prix sont bas, et il propose même un service reprenant le principe des « cafés suspendus » qui avaient fait le buzz il y a quelques années, où les habitués font des petites donations qui permettent à des clients de manger gratuitement. Il ne fait pas ses courses au supermarché et croit à une économie locale, où des petits producteurs échangent de l’argent et des produits, les faisant fructifier, au lieu de les donner à des grandes compagnies nationales ou internationales qui n’apportent rien en retour.
L’hôte est un excellent cuisinier et j’ai mangé des plats délicieux pendant deux semaines.

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Après la cueillette mon hôte nous a préparé de la friture avec des jeunes carottes et leurs fanes

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Un ami du patron, chef sushi, vient tous les mercredi pour faire profiter la clientèle de Yui de sa cuisine pour un prix défiant toute concurrence, 1500 yen pour un bel assortiment

Le travail de WWOOFeur n’était pas passionnant puisqu’il s’agissait à 90% de faire du désherbage dans les rangées de légumes mais les journées étaient très courtes, jamais plus de 5h, et nous avons eu beaucoup de jours de repos, que ça soit à cause de la pluie ou pour nous permettre de profiter du matsuri.
Obihiro est une ville assez importante sur Hokkaido et la plus grande ville de la zone Tokachi qui est principalement rurale et agricole. Ce n’est pas vraiment touristique mais c’est assez confortable pour peu qu’on ait une voiture. Comme beaucoup de villes moyennes, c’est assez compliqué de se déplacer sans véhicule.

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Il y a un grand parc avec des écureuils mignons qui prennent la pose devant les appareils photo

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Le dernier jour, comme il pleuvait, mon hôte nous a emmené, moi et les deux autres WWOOFers, visiter quelques lieux connus de la ville, comme la patinoire où l’équipe du Japon de patinage de vitesse était en train de s’entraîner (dont l’athlète ayant remporté la médaille d’or aux derniers JO, qu’on a croisé dans les couloirs), et le musée du cheval, dans lequel on peut voir des vidéos d’un type de course équestre qui n’a plus lieu qu’à Obihiro, le banei, une course où des chevaux tirent des traineaux sur une piste comportant plusieurs bosses. Ça a l’air super dur pour les chevaux et je n’ai pas trouvé ça très agréable à regarder, je comprends pourquoi ça a disparu ailleurs.

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jeu: trouve la rangée de carottes.

A l’origine je n’avais prévu de faire qu’un mois de WWOOF mais l’expérience m’a tellement plu que j’ai fini par en faire le double! Ma période de WWOOF est une des plus mémorables de mon voyage et si vous restez dans un pays assez longtemps c’est vraiment quelque chose que je recommande pour côtoyer la culture locale.  Je retourne sur Tokyo avec plein de nouvelles expériences et de rencontres, pour les deux derniers mois de mon visa avant de devoir plier bagage.

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Chloé

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